Colombie (2)

Édition spéciale: Nokomis et Bourriquet prennent la parole, et en avant première une interview TV (non traduisible 😉 de la joyeuse troupe

Bon, autant vous le dire franchement, on a longtemps hésité avant de publier ce qui va suivre… oui, on a surpris une conversation entre Nokomis et Bourriquet, à leur insu…c’est comme s’ils venaient de découvrir qu’ils pouvaient communiquer tous les deux, et qu’ils se racontaient leur vie et leurs impressions…vous allez voir, ça décoiffe! (le texte est traduit par nos soins, (en toute objectivité bien sûr!), la traduction restant approximative pour cause de mauvaise connaissance des langages usités)

Nokomis

« Bon, ils sont bien gentils mes parents de raconter leur vie sur internet depuis 2 mois et demi, mais moi j’ai bien envie de m’exprimer aussi, non mais!! J’y participe tout de même à ce voyage et d’ailleurs je suis bien contente de la petite vie que je mène.

Ce que je préfère en me réveillant le matin c’est d’aller chercher Pepito (ma peluche) pour que Papa lui fasse un câlin… Bah oui, ça l’occupe pendant que je viens me coller à ma Maman 😉

Ce qui est le plus dur…  parfois ils ne comprennent rien, ces adultes! Je parle, je parle mais avant qu’ils me comprennent ils leur faut un siècle ! A croire qu’ils ont complètement oublié le langage bébé. Ce n’est pourtant pas compliqué, je suis tout simplement passionnée par les pailles, les petites cuillères, les escaliers et globalement tout ce qui consiste à transvaser des objets d’un endroit à un autre (hihi ça les fait même parfois tourner en bourrique ;-).

Le reste du temps, quand mes parents m’attachent dans ce qu’ils appellent « mon carrosse », je m’amuse beaucoup et surtout je peux faire des petites bêtises en cachette. Mes je crois que ces derniers temps, ils se doutent de quelque chose… Ils ont du me voir manger des gâteaux cachés dans cette petite pochette qu’ils pensaient inaccessible. C’est vrai que parfois, la route ça creuse! Alors moi aussi, je me fais des petites pauses « ravito », je prends ma petite gourde que je sais désormais ouvrir toute seule ( bon d’accord, ça se transforme parfois en douche… en même temps, il fait souvent assez chaud dans ce pays).

Quand je suis lassée du paysage (il faut dire qu’il ne défile pas très vite… Que peuvent-ils bien faire devant ?!), je prend un petit livre (ils sont rangés à ma droite) et je lis. Je raconte l’histoire à haute voix car je sens bien qu’ils ont besoin d’encouragements aussi. J’ai d’autres jeux rigolo accrochés un peu partout, avec lesquels  je peux faire de la musique quand je tire dessus. Et, bien sûr, mes peluches, mes fidèles compagnons, toujours d’accord avec moi et qui ne me disent jamais non!

Bon je te le dis, mais c’est un secret: en ce moment je suis sur un coup, un truc fameux mon vieux bourriquet: j’essaye de me détacher discrètement… si j’y arrive et que je les dépasse en courant dans la montée, t’imagine la scène hein ? Ça promet une franche rigolade pour nous deux!!

C’est vrai que j’aime bien faire rire les gens quand on s’arrête, (et il faut dire qu’ils me rendent bien la pareille), tu verrais la tête qu’ils font quand ils s’aperçoivent que je suis dans la remorque! Alors moi, je leur fais des grands sourires, et hop, dans la poche, je passe de bras en bras, ça marche à tous les coups!

Les chiens sont des êtres assez rigolos, quoiqu’un peu imprévisible. J’ai une astuce: je leur fonce dessus, et en cas de doute je reviens en courant me jeter dans les jambes des parents, après c’est à eux de se débrouiller.

Ha les grands les adultes, ils ont de ces mimiques… je les imites parce qu’il faut que je m’entraîne pour grandir, mais ce n’est pas évident tiens! Pour l’instant je lave consciencieusement le sol en frottant avec des tissus (ça j’ai appris en regardant les autres, mes parents ils ne le font jamais). Je m’assois comme une grande dès qu’il y a une petite marche, j’aide un peu mes parents en emmenant mes chaussures quand on va sortir, et puis je fais le clown: je pousse des « Haaaaa » de contentement après mon chocolat chaud et avec un peu d’aide je dis que je suis trop… »coquine ».

Parfois, ils sont complètement « has been » les vieux… les miens, ils veulent encore que je fasse la sieste le matin… Pffff… Alors que moi, ça fait longtemps que j’ai décidé d’arrêter! Je ne suis plus un bébé, quand même! Tu me dira « ça va, te plains pas, ils sont cool tes vieux, pas du genre à t’emmener au musée quand même! » Hé ben si! Je te le donne en mille, je n’ai pas pu échapper à une visite guidée. A vrai dire, ça ressemblait pas vraiment à un musée… C’était drôlement intéressant, il y avait un monsieur qui a expliqué à mes parents (c’était un grand, il devait penser que je ne comprenait rien) comment on fabrique la Panela… Tu sais la petite boule de pure sucre (je t’en ferais goûter quand ils auront le dos tourné, c’est délicieux tu verras, rien à voir avec le sucre blanc tout fade de chez nous). Bon, comme apparemment tu étais parqué un peu loin (ou alors tu commence à être un peu dur de la feuille, Bourriquet ?), je te fais un petit résumé du processus:

  • les paysans coupent la canne à sucre à ras de terre, dans leur champ quasi verticaux, et les entreposent sur le dos de tes congénères pour les ramener à la « Finca » (la ferme, si tu préfères)
  • la canne à sucre est ensuite broyée dans une machine pour en extraire le jus
  • qui est ensuite transvasé et mélangée dans plusieurs bassines successives, chauffées par un immense foyer alimenté par les reste de la plante (sûr qu’il doit pas faire froid)
  • après refroidissement dans un moule sommaire en bois, on obtient une boule dur de sucre (marron): la Panela, qui mise dans de l’eau bouillie donne la boisson qu’on appelle l’Aguapanela, dont tu sais bien que je raffole.
  • tout ce travail nécessite 8 personnes et 24h de labeur à la suite, une fois par semaine! Je ne dégusterai plus le sucre de la même façon désormais!

Et je voulais te dire aussi, avant de te laisser parler mon vieux Bourriquet, toi qui a la sagesse des Anciens, tu as vu l’ambiance de ferveur religieuse qui règne ici ? Des images chrétiennes partout, des citations bibliques en pagaille, parfois même le nouveau testament dans la chambre d’hôtel… en tout cas moi j’aime bien visiter les églises, des havres de paix où les gens viennent se recueillir un moment ou assister en foule immense à l’un des trois offices quotidiens. J’aime à me balader entre les bancs et regarder les bougies scintiller! Il y a des choses que je comprendrai peut être « quand je serais grande »…

 

Bourriquet

Ah, tu sais, moi je vois plutôt les paysages que les intérieurs… Et « Que Bonito »! Qu’ils sont splendides… Je m’en mets plein les yeux!! Que j’aime chevaucher ses vallées étroites et gravir ses cols escarpés.

Enfin, je te dis ça, seulement quand ils font un peu attention à moi, tes parents. La dernière fois, ils ont eu la lubie de monter un col, pendant 25 kms, raide comme tout (1800m de dénivelé positif s’il te plait), sans me consulter! Je peux te dire que je ne les ai pas raté ! A 7 kms de l’arrivée, en plein raidillon, « Paf » j’ai brisé la chaine, cassée nette! Ça les a un peu refroidi, mais bon je montait déjà depuis 4h30, tu imagines un peu!!

C’est vrai, qu’il faut bien le dire… Une fois arrivé aux cols, la vue est souvent imprenable! Du haut de ces 2200m d’altitude, on peut voir s’étendre la cordillère des Andes et ses vallées sur des kms… C’est magique!

Uns fois même, ils ont décidé de dormir tout là haut, et on (enfin) pris soin de moi. J’étais aux anges, à me faire rouler , graisser, nettoyer ma vieille carcasse, face à cette fameuse Cordillière.

D’ici, j’ai pu admirer les champs de café, de Lulo (kiwis), d’Aguacate (Avocat) à perte de vue… Les lumières des villes et villages, les étoiles filantes, et les éclaires des orages si lointains au clair de lune… Un de mes meilleurs bivouac, sans hésiter!

Et pour les descentes, elles sont merveilleuses!! Enfin jusqu’au jour où mon heureux momentané propriétaire s’est pris l’idée de changer mes plaquettes de frein (qui n’étaient pas encore si usé que ça, mais bon, est-ce qu’il y connaît vraiment quelque chose?!). Bref, je me retrouve fraichement monté, et à la première descente, je m’emballe… La plaquette avant fout le camp, celle arrière grince des dents… Il n’était pas peu fier, ton papa. Heureusement, le village est proche. Il nous fait faire une petite halte dans un bric et broc de vélo, histoire de refixer tout ça. L’avant fonctionne désormais à merveille, l’arrière laisse à désirer, mais enfin ça freine. Il faut dire qu’avec mes plus de 200 kg tout compris, il fallait que je puisse me retenir!

Mais quand même, ils en ont l’air plutôt satisfait de leur vieux serviteur. Je les ai surpris à se raconter qu’ils ne s’en sépareraient pour rien au monde! Que grâce à moi, il pouvait rouler en cadence d’un seul bloc, que ta maman pouvait te parler, te regarder, tout en pédalant (enfin ça c’est elle qui le dit… d’après lui, elle ne pédale pas si fort que ça, parfois!) descendre dès que tu le souhaitait.

Par contre, je me dois de te révéler un secret… Je les ai entendu dire, en plein col, couverts de sueur, qu’ils pourraient bien diminuer ta ration alimentaire ou négligemment mal fixer ton carrosse… Mais n’ai crainte, j’ouvre l’œil!

Et puis, tu te souviens, quand ils nous ont obligé à faire les guignols devant la télé ? Sois disant, que les journalistes de Aguadas les ont accosté, comme ça, pour les faire passer dans leur news locales. Et on a même pas eu un chocolat chaud à la paille en plus… Bon, on peut quand même le voir ce reportage: (minute 20) Attention les yeux!

Et pour finir, ce que je préfère, c’est quand on me met bien au chaud dans un garage, chez des inconnus colombiens qui nous acceptent avec joie. A entendre les rires et les discussions, il semblerait que vous passer des bonnes soirées, vous les humains!

 

6 réflexions au sujet de « Colombie (2) »

  1. Que de news , c’est super intéressant ,

    Merci au photographe,Nokomis est craquante

    Big bisous M

  2. Trop génial cet article ! Je suis époustouflée de vos progrès en espagnol (surtout Mike), vous êtes vraiment trop forts. Merci Nokomis et bourriquet d’enfin nous dire la vérité sur votre voyage, c’est une réelle joie de partager vos péripéties et de voir Nokomis grandir.
    On vous embrasse très très fort, bonne route.

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