Cuba (2)

Deuxième semaine à Cuba, on trouve notre rythme (le plus grand challenge avec un bébé ;-), entre…

Jour :

          Pas besoin de réveil matin, un petit être grimpant et bondissant dans la tente s’en charge dès 6h, plus en accord avec le rythme solaire qu’avec celui circadien de ses parents !

          Réveil précoce ne signifie pas pour autant départ précoce : on arrive à décoller vers 9h30, horaire immuable que nous soyons en bivouac ou dans du dur.

          Matinée de coups de pédales pour profiter de la fraicheur relative (28° C min) pendant que Nokomis dort tranquillement, bien protégé par des serviettes humides comme pare soleil. C’est le moment où l’on roule le plus.

 

Nous découvrons des « Mogotes » : spectaculaires buttes de calcaires abruptes et creusées de caves et grottes, recouverte d’arbres malgré la verticalité (c’est dire le taux d’humidité ambiant). Certains seront intéressés d’apprendre que la grimpe commence à se développer ici, d’autres que certaines grottes ont abrité des révolutionnaires de la première milice Cubaine avant l’arrivée de Fidel Castro.

Au niveau politique nous voyons des panneaux et phrases choc de « propagande » partout. « Soy Fidel », « La revolution o la muerte » etc… Ce qui est sûr c’est que le gens avec qui nous avons discuté sont fiers de Fidel (premier Cubain au pouvoir) et du Che, et fiers de vivre ici. Cela reste un sujet difficile à aborder, à suivre.

Nous croisons des « Guajiro », agriculteurs au look de cowboys, cigare à la bouche, qui travaillent dans les champs de tabac, rizière et vergers.

Surprenant, nous roulons sur le séchoir à riz : le bitume. Le riz est ainsi étalé et ratissé régulièrement, çà et là sur la route. Une deuxième solution consiste à le faire sécher sur le toit plat de sa casa.

          Le riz, parlons-en : c’est l’unique féculent, voir l’unique repas, mélangé avec des haricots rouges en sauce, les Cubains en mangent midi et soir, agrémenté de viandes. Quant à nous, on essaye de varier un peu, mais cela donne parfois lieu à des dialogues surréalistes, comme ce midi : Mike (faisant l’inventaire des victuailles) : « c’est pâtes natures aujourd’hui ? »          Dine (le plus sérieusement du monde) « Ah non, on a du sel »                                           Mike « … !»

Nous trouvons relativement facilement quand même concombre, avocat, manioc, et surtout beaucoup de fruits, ce qui nous sauve 😉

          Notre deuxième sport de la journée : faire des courses. Pour plus de sérénité voici le mode d’emploi : patience (les queues s’allongent devant les toutes petites boutiques ou un « videur » fait rentrer et sortir les gens), ne pas hésiter à demander (à chaque produit son échoppe, mais sans aucune devanture), ne pas prendre ombrage (certaines échoppes sont réservés aux Cubains, avec leurs produits de base uniquement : riz, haricot, sucre, café et pain), il faut jouer de chance (deux fournées de l’unique type de pain par jour, il nous faut arriver à l’heure ou attendre la prochaine), il faut jouer de ses relations (les Cubains nous rapportent de fréquentes ruptures d’approvisionnement de produits importés, style actuellement le papier toilette, pas dispo avant 3 mois sauf pour les hôtels en priorités ;-).

Nous sommes quand même surpris du manque de… tout ! et de leur capacité à faire plein de chose avec rien (jouets pour enfant, bouquets de fleurs en bouteille plastique etc…). Les maisons sont souvent inachevées, par forcément par manque d’argent, mais par manque de matériau de construction. Tous les produits importés (dentifrice, savon, petit pot pour bébé, gâteau etc…) sont très chers par rapport à leur niveau de vie (même prix qu’en Europe).

          L’après-midi est très variable, souvent nous pédalons peu et cherchons un endroit pour passer…

La Nuit

          Gros défi de cette semaine pour des parents épuisés par les réveils de Nokomis. Nous avons peu à peu compris qu’il lui faut un minimum de repères (qui l’eut cru ;-), et nous testons plusieurs méthodes.

          Il est sûr que c’est dans la tente qu’elle dort le mieux (toute la nuit, youpi !). Nous essayons donc d’y dormir au maximum, mais dans cette région il est quasiment impossible de trouver un endroit pour planter la tente (entre rizière, villages, la jungle et les champs cultivés, il n’y a plus de place). Nous demandons donc à dormir dans des jardins accueillants, et cela nous vaut de belles rencontres.

Comme avec Lino et Rocelia. Imaginez arriver après une matinée de pédalage, fourbus, chez ce couple un peu âgés (comme nos parents quoi ;-). Vous vous retrouvez avec une orange fraichement cueillie et pelée, des bras pour Nokomis et une visite d’un jardin merveilleux. Vous suivez Lino qui vous explique chaque arbre, ses fruits. A l’aide d’une longue perche en bambou il fait tomber des noix de coco, puis après quelques coups de machettes bien ajustés vous la donne à boire. Vous découvrez ensuite la canne à sucre, à téter doucement (Nokomis adore bien sûr). Un peu plus loin ce sont des arbres à café (petits fruits rouges), arbre à Goyave, Papaye, Citronnier, Palmiers, Avocatiers. Une végétation luxuriante qui vous ébahit. Vous passez ici une très bonne soirée !

          La victoire de cette fin de semaine, si nous aménageons les lits dans les casa particular (en les rapprochant pour faire un lit « King Size ») nous passons des nuits tranquilles, ouf !

Après environ quatre jours ainsi, nous faisons une pause d’au moins deux jours pour nous reposer et visiter, d’autant que Mike a des douleurs récurrentes aux tendons d’Achille. Dine se ballade avec Nokomis, à la découverte des grottes et des fermes alentours.

Nokomis mange toute seule, avec la complicité des chiens et chats des casa qui mangent les cuillerées qui volent, et s’entraîne à devenir propre (elle n’est pas en avance sur les petits Cubains qui n’ont pas de couches, vu le prix et la disponibilité ici – traduire par « hygiène naturelle » en langage Bobo – et sont donc propres vers un an environ !).

Promis, pour votre plus grand bonheur, on vous explique tout sur la lessive des couches lavables en voyage à vélo, la prochaine fois (ça fait genre suspens hein ?!).

 

 

15 réflexions au sujet de « Cuba (2) »

  1. C’est trop génial de vous lire ! Nokomis manque beaucoup à Paul mais on le rassure en lui disant qu’elle lui apprendra plein de choses en revenant comme l’espagnol, manger seul, être « propre », le goût des fruits et du voyage.
    Plein de bisous

  2. On vous suit avec plaisir …. C’est bon de voyager avec vous .
    Petit séjour en n’amoureux pour nous en Toscane … Profitons profitez 🍾👍🏼✌️😜😘😘😘😘😘😘

  3. Coucou !
    Trop bien de vous lire, on voyage d’un coup… !
    Fiers que notre bourriquet parcoure le monde en attendant qu’on se décide à le sortir nous aussi 🙂
    Profitez bien, Nokomis a l’air en pleine forme, c’est chouette !
    Prête pour fêter ses 1 an….
    Bises
    Steph et ses mecs…

  4. Hello les amis,
    trop bon de vous voir à Cuba !
    Si vous êtes encore à Vinales et que vous voulez en savoir plus sur la grimpe dans le coin. Prendre la route qui part vers les montagnes en face de l’Olivo (très bon resto d’ailleurs !), aller jusqu’à la dernière maison (qui est à droite). C’est là qu’habite la maman de … (désolé me rappelle plus). Lui et ses amis ouvrent une bonne partie des voies dans le coin. C’est cool de discuter avec eux, et ça pourrait vous tenter de grimper aussi, il y a des multipitch faciles vraiment terribles à faire 🙂
    Des bises
    Benoit

  5. coucou Nokomis……
    tous les copains de la crèche te font de gros bisous pour ton anniversaire et pensent très fort à toi …
    Camille Eliane Laury Valérie et Zabou te font aussi de gros bisous pour cet anniversaire fêté à l »autre bout du monde… et toute notre sympathie à Papa et Maman

  6. Ici à cette heure les enfants sont endormis. Il y a encore quelques heures nous entonnions en cœur un « Joyeux anniversaire Nokomis ». Nous laissons notre pensée voyager jusqu’à vous, traversant le grand océan plein de baleines bleues (réflexion d’Emile) ! Elle arrivera à temps pour embrasser la miss à l’heure du goûter pour le gâteau et LA bougie. Nous vous embrassons affectueusement.

  7. Avec quelques jours de retard, bon 1er anniversaire à Nokomis! C’est sympa de souffler sur une écrevisse plutôt que sur une bougie… belle aventure que l’on suit avec beaucoup de plaisir…

  8. Très beau voyage et de belles rencontre que vous nous faites partager.
    Merci les amis.
    On pense bien à vous.
    Et bon anniv à Nokomis également avec du retard!!

    Bisous

    La famille moncharmont

  9. Nous venons d’admirer les photos et les recits de CUBA 3 ;Nous fétons avec vous le 1ér anniversaire de Nokomis;heureuse comme vous de ses rencontres.jeudi dernier nous avons été à l’enterrement de Marthe HEUDE la dernière soeur d’ISABELLE à Brèal sous Vitré dans l’l’église ou nous sous sommes mariés Sylvie Thomas Nathalie Thibault nous ont accompagnés la rencontre des cousins et neveux fut sympathique dans une salle communale du village voisin.Marthe aurait été très heureuse de cette chaleur familiale. Bonne continuation de votre périple avec toute l’affectiondeMamisa et G.P.

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